LA DEMANDE EN MARIAGE

Anton TCHEKHOV

Comédie aiguisée à couper au couteau

Réflexion brutale sur la violence sauvage d’une société civilisée

« Lomov, propriétaire terrien encore célibataire qui ne veut pas finir seul, se rend chez son voisin Tchouboukov pour lui demander la main de sa fille Natalia Stépanovna. Ce n’est pas qu’il en soit amoureux, mais elle n’est pas vilaine et est une excellente maîtresse de maison.
Toutefois, un léger différend à propos du « Petit Pré aux bœufs » va mettre à mal cette demande en mariage, elle-même un tant soit peu bovine… »

Mise en scène : Valéry FORESTIER

Jeu : Sabrina AMENGUAL, Jean-Pierre ARTUR et Benjamin BERNARD

Musique/ Son : Clément MANDIN

Construction Décor : François MARSOLLIER

Traduction : Françoise MORVAN et André MARKOWICZ

Fabrication poulet : Florence GARCIA

Production : Le Commun des Mortels

Soutiens : Service culturel de Montfort-sur-Meu (35) / Service culturel de Saint Gilles Croix de Vie (85) / Pôle Sud – Chartres de Bretagne (35) / Commune de Chavagne (35) / La Station Théâtre (35) / Montfort Communauté / Ille-et-Vilaine – le Département / Drac Bretagne – Aide à la résidence/ Région Bretagne

INTENTION

Tchekhov n’a pas encore écrit ses grandes pièces lorsqu’il compose cette petite plaisanterie en un acte, ce vaudeville français, cette petite farce dans la plus pure tradition burlesque. Il livre là un condensé de
situation, grossissant le trait avec minutie et précision, pour livrer une comédie annonciatrice de sa vision de l’Humanité et de notre époque.
Cette demande en mariage n’en est pas une. Elle est un duel, un match de catch, une boucherie sanglante sur le tas des cendres fumantes de nos vies incomplètes.
Lomov n’aura pas le temps de formuler sa demande à Natalia, il sera laissé pour mort avant…
Le « Petit Pré aux bœufs » est-il à lui ? À Elle ? Quel chien de chasse est le meilleur ?
Et voici le spectacle d’une Humanité dégénérée, d’une Humanité narcissique et clownesque qui n’existe qu’à travers la possession et le conflit. Lomov, Natalia, Tchouboukov, ne savent pas aimer, ils sont les prisonniers pathétiques d’un monde où l’avoir a remplacé l’être. Ils tournent en rond dans leur vie au rabais, comme des rats dans une cage, se faisant croire qu’ils sont vivants.
Il leur est impossible de se projeter dans l’autre, et encore moins de plonger au plus profond d’eux-mêmes.
Comment, dans ce cas, pourrait-il émerger de leur incapacité à imaginer un absolu, autre chose qu’une
humanité ratée, un méchant brouillon d’hommes et de femmes vivant dans l’illusion d’une vie qui est en fait la mort…
Et 135 ans après, comédie et tragédie sont étroitement liées sur un fil tendu.
Cette espèce humaine, celle qui nous guette, celle que Tchekhov a vu se réaliser comme une prémonition, serait une comédie si elle ne prêtait pas à pleurer… férocement.
Ou bien, la véritable tragédie est-elle que notre espèce est, justement, si tragiquement risible?
Peut-elle encore être sauvée d’elle-même et de son absurde ridicule?
Je me remets à croire, comme un adolescent, que le théâtre reste une possibilité…

Valéry FORESTIER.

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Résidence de création- Pôle Sud-Chartres de Bretagne- Octobre 2024

Crédit photos Fanny BRANCOURT